LES CROIX DU ROSAIRE

 

Parmi les nombreuses croix qui sillonnent les chemins de Fleury, la Croix du Rosaire se trouvant sur l’emplacement de l’ancien cimetière est sans doute une des plus anciennes. En fait il y eut 2 Croix du Rosaire comme le suggèrent les inscriptions gravées sur son fût :

 


 

ERIGEE EN 1671

 

RETABLIE EN 1885

 

La partie supérieure de la croix reprend les symboles de la dévotion à la Vierge Marie savoir :

 

Sur le chapelet accroché aux bras de la croix on distingue les 5 dizaines de grains prolongées par une branche terminale de 3 grains et 1 crucifix. Rappelons que le rosaire consiste à réciter 3 chapelets permettant de méditer sur les « mystères » liés à Marie et à Jésus.

 

Au centre de la croix un cœur flamboyant traversé par une épée. Ce symbole fait référence à la révélation faite par Syméon à Marie et Joseph concernant Jésus d’après les prophéties d’Isaïe :

 

« Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère: "Vois! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, - et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! -- afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs." » (Luc 2,34-35)

 

Ces paroles sont reprises dans toute l’iconographie et les dévotions relatives au Sacré Cœur et localement par les apparitions que Marguerite-Marie Alacoque a eues de Jésus dès 1673 à Paray le Monial.

 

Revenons au cheminement de ces croix :

 

Le 17 aout 1671 à l’autel de la Sainte Vierge fut établi la Confrérie du Rosaire.

 

D’après le curé Renard « Cette érection fut sollicitée par Hugues Huillard curé de Fleury et par les habitants notables de la paroisse auprès de Mgr Michel-de-Colbert, Evêque de Mâcon ; elle fut mise en exécution, avec un cérémonial extraordinaire, à la suite d’une mission donnée par les Frères prêcheurs de Mâcon, qui bénirent à cette occasion et en mémorial une croix, qui porte encore aujourd’hui le nom de Croix du Rosaire ».

 

Le 24 avril 1885 la fabrique a fait remplacer l’ancienne croix dite du rosaire par une belle croix en pierre de Saint Maurice ; La bénédiction s’en est faite le 21 juin suivant.

 

Il n’est pas possible de se limiter à ces faits et retraçons maintenant le cheminement de ces 2 croix.

 

La Croix du Rosaire initiale fut érigée en 1671 sur une parcelle de terrain offerte bénévolement par une famille Rivollier du bourg, famille des plus anciennes et des plus aisées alors de la paroisse de Fleury. C’était au coin d’un très grand pré appelé par la suite Pré de la Croix.

 

Au fil des années cette croix s’est retrouvée au coin d’une auberge sur un terrain devenu impropre pour y laisser une croix ; Ainsi, la fabrique fit préparer un nouvel emplacement plus convenable sur un terrain lui appartenant pour y ériger à ses frais une nouvelle croix toujours dite du Rosaire. Ce terrain est devenu la place de Fleury.

 

 

On retrouve cette croix sur une carte postale de l’époque avant son déménagement.

 

 

 

 

 

La disponibilité de cette parcelle a donné lieu à de nombreux débats et controverses entre la fabrique et la commune.

 

Le torchon brule entre la commune radicale socialiste et l‘église.

 

Finalement le 26 janvier 1886, Monsieur le maire a vendu à Madame Prévost-Cuisinier, sans le mettre aux enchères, et se disant autorisé par le préfet et malgré la réclamation du conseil de fabrique, le terrain anciennement donné par les ancêtres Rivollier du bourg.

 

C’est la nouvelle croix rétablie en 1885 que l’on retrouve derrière l’église. Comment est-elle arrivée là ?

 

La loi de séparation des Eglises et de l’Etat a permis de récupérer en 1907 le presbytère (actuellement la Mairie) et les dépendances attenantes qui appartenaient à la Fabrique.

 

La municipalité conduite par Jean Marie Jacquet a créé la place principale de Fleury destinée « à rendre de multiples services à la population dont l’installation temporaire de forains dans diverses occasions ».

 

Dès lors la Croix du Rosaire a été déplacée en l’endroit où elle se trouve actuellement dans l’ancien cimetière au nord de l’église.

 

 

 

Jean Loup Berry

 

 

 

 

 

PS : La Fabrique désigne les personnes (prêtres et laïcs) chargées de l'administration de l’ensemble des biens et des revenus de l’Eglise