Portraits de l'Esprit de la forêt - Photographies de Rajak Ohanian  

fleury-la-montagne

 

 

Portraits de l'Esprit de la forêt - Photographies de Rajak Ohanian

 

 

 

Ses parents étaient arrivés dans la région lyonnaise à la suite du génocide arménien de 1915, et c'est à Décines que Rajak Ohanian est né en 1933. Il a fait ses premières photogra­phies pour les mises en scène de Roger Planchon au TNP de Villeurbanne et a travaillé jusqu'en 1977 pour d'autres scènes encore : le théâtre du Cothurne, le théâtre du Huitième, l'Opéra de Lyon, la Comédie de Saint-Étienne. Quand il a cessé de photographier le théâtre, après une hospitalisation pour des problèmes cardiaques, il s'est immergé pendant plus de deux ans (1979-1982) dans un petit village de Bourgogne, Sainte-Colombe-en-Auxois, et en a fait le portrait. Des portraits, d'ailleurs, il en a tiré beaucoup : portrait de ce village, puis portrait d'une PME, une entreprise lyonnaise d'impression sur tissu, portraits d'acteurs du quotidien représentés avec chaleur et  empathie. Il y avait eu « Les fils du vent », les gitans, de 1958 à 1967, quand il accompagnait ses copains de Décines aux Saintes-Maries-de-la-mer, puis des musiciens, des écrivains, des artistes, New-York et Chicago. Portrait d'Alep aussi, où il était parti sur les traces de son père.

 

Voici maintenant à Fleury des portraits de l'Esprit de la forêt, série commencée en 1992. C'est un texte de Jung qui semble à l'origine de cet ensemble de photographies. Jung évoque en effet la croyance à un « Bush soul », qui s'incarne dans un animal sauvage ou dans un arbre avec lequel certains hommes ont un lien de parenté. Quiconque a regardé ces très beaux portraits de nos frères les arbres, ne peut traverser distraitement une forêt : ces photographies rendent le regard attentif aux formes du bois, aux accidents de l'écorce, elles pollinisent une rêverie poétique, et cette errance de l'imagination réveille une pensée  magique qu'on supposait enterrée.

 

 

 

Françoise Le Roux