Café-philo du 25 mai 2017: La science a-t-elle raison ?

 

 

Café-philo du 25 mai 2017: La science a-t-elle raison ?

 

La science a-t-elle raison ? Se pourrait-il qu’elle ait tort ?  Par ailleurs, que telle ou telle science ait raison dans sa spécialité n’implique nullement que la science comme telle ait raison.

 

S'interroger sur la science, malgré la pluralité des sciences, c'est leur supposer un caractère commun : la scientifici­té. En quoi consiste-t-elle ? Est-elle fondée sur la vérité des ré­sultats, sur la calculabilit­é et la prévisibilité des enchaîne­ments de connaissances, sur l’in­telligibilité qu’elles procurent ? On doit, de plus, se demander s’il suffit que la science soit vraie pour qu’elle ait raison. Si la science peut avoir raison, est-ce par son utilité so­ciale ?

 

Il y a des convictions que leurs adeptes illustrent d’interminables confirmations. Mais si une doc­trine ou une théorie échappe par principe à toute initia­tive capable de la mettre en échec, c'est-à-dire d’en prouver ou démontrer la fausseté, elle ne peut jamais être dite vraie. Pour que la science ait raison, il faut qu’elle puisse satisfaire au moins à deux conditions : prouver (par des expériences) ou démontrer (par des calculs) sa vérité, et mon­trer qu’elle est bienfaisante, ou au moins, dépourvue de nocivité.

 

La science a raison d’abord comme lieu de vérité. À mesure de ses progrès, la science rend intelli­gibles ses objets, que ce soient des objets donnés dans l’univers, ou des objets construits intellectuelle­ment, sans existence physique (comme le carré ou la racine d’un nombre entier...) Mais alors, en rai­son même de ses progrès, la science n'a pas constamment raison, ou plutôt elle a raison à un mo­ment donné, dans un contexte donné, car elle ne cesse de se rectifier. Et par ailleurs, l'intelligi­bilité est une perspective humaine sur un ordre qui convient aux humains.

 

N'y a-t-il pas d’autres façons d'avoir raison ? Si nous appli­quons la question à autre chose que la science - par exemple : la religion a-t-elle rai­son ? l’art a-t-il rai­son ? la magie a-t-elle rai­son ? - on se rend compte qu'il est possible d’avoir raison à d’autres points de vue que celui de la vérité. La science, la religion, la ma­gie, l’astrologie, etc., sont surtout des pratiques humaines col­lectives. Si ce qui a raison, c’est ce qui m’aide à vivre mieux, et même aide à vivre mieux toute une collectivité, cela signifie que la science peut être considé­rée  comme relative : elle n’est pas seule à pouvoir avoir raison ; le degré selon lequel elle a raison est comparable à celui d’autres pratiques sociales. Mais alors, au bénéfice de qui ou de quels causes ou intérêts ?

 

 

 

Gérard Simonnet, Philippe et Françoise Le Roux

 

Le café-philo rependra son activité le jeudi 28 septembre à 20 heures, à la salle familiale de Fleury-la-Montagne, sauf avis différent.

 

 

C'était la dernière séance et le rideau n’est pas tombé.

 

Jeudi soir le café philo, partie intégrante de la vie du village, a fêté ses dix ans d'existence à l'occasion de la dernière séance de la saison. Sur le thème «La science a-t-elle raison ?», la séance s'est déroulée à deux voix, celle de Philippe Le Roux, philosophe, et celle de Gérard Simonet, mathématicien, tous deux Fleurandins. Celle-ci se déroulait, du fait de la fermeture du café du village, dans la salle familiale transformée en café. Elle s'est conclue par la remise de vins fins au couple Le Roux (Françoise étant également philosophe mais ne participant qu'à la préparation et à la rédaction du compte rendu). Daniel Vincent, 1er adjoint, participant assidu de ces soirées a remis les cadeaux et proposé, si le café est encore fermé à la rentrée, de garder cette formule et d'apporter ses boissons coup de cœur.

 

Philippe Le Roux a retracé l'histoire de ce café philo. «Arrivant de St-Etienne, nous nous sommes installés à Fleury en 2003. Apprenant qu'il n'y avait plus de café philo à Roanne, on nous en a signalé un animé par un jeune collègue, Frédéric Gascon, à Cours-la-Ville (69). J'ai co-animé avec lui pendant 3 ans. En 2007, en discutant avec les marcheurs du Sporting Club auquel nous appartenons, ils nous ont suggéré d'en créer un à Fleury. Dans un petit village ? Chiche ! Je suis allée voir Mme Déal qui tenait le café et en mars a eu lieu la 1ère  séance sur le thème de l'échange. Au début, cela partait dans tous les sens ! Lorsque sa fille a pris la suite du café, l'aventure s'est poursuivie.

 

A la fin de chaque séance, je fais passer une feuille avec des thèmes possibles et le plus coché est choisi. Avec Françoise, nous rédigeons le compte rendu pour les participants ayant une adresse électronique, pour le blog et pour le bulletin municipal. Il y a une quarantaine de participants, moins pendant les vacances scolaires. Les séances se déroulent de plus en plus souvent à deux voix mais on ne prépare pas ensemble : surprise ! Nous nous questionnons mutuellement ! »                                                       Fabienne Croze

 


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