Café-philo du 27 avril 2017 Avons-nous besoin de raisons de vivre ?

Avons-nous besoin de raisons de vivre ?

 

La question « Pourquoi vivons-nous ? » peut demander « à cause de quoi ? » ou « en vue de quoi ? ». Si nous vivons, c'est l'effet de circonstances qui ont abouti à notre naissance, sans que nous y ayons la moindre part. Une fois mis au monde, nous devenons adultes, d’abord élevés et aidés par nos parents ou d’autres personnes. Plus ou moins tôt, nous avons à produire ou gagner ce qui nous fait vivre.

 

Dès lors, se procurer ces moyens de vivre peut devenir la principale raison de vivre. Pour une grande partie de l’humanité, c’est même l’unique raison de vivre, tant la pression des besoins les plus élémentaires est constante, intense, urgente, pression souvent entretenue sinon accrue par les rapports sociaux. C'est par le travail que la plupart des hommes obtiennent ces moyens de vivre. Le travail est la raison de vivre la plus commune. Les raisons de vivre se confondent alors avec ce qui permet de survivre, elles restent subordonnées au besoin (manger, dormir...)

 

Mais avoir à produire ou gagner ce qui est nécessaire pour vivre, est-ce bien une raison de vivre ?

 

Ce que produit le travail est détruit par la consommation ou l'usage. En revanche ce que crée un art est appelé à durer. Les sculptures, les architectures, les peintures, les textes, les parti­tions, rien de cela n’est détruit par l’usage qu’on en fait. On a affaire ici à des œuvres, non à des produits. Plus que les produits, les œuvres sont peut-être des raisons de vivre ; en effet un artiste qui est « dans le besoin » peut sacrifier son confort et sa santé à son art, qui est sa véritable raison de vivre.

 

Il est d'autres raisons de vivre qui relèvent encore moins des besoins, celles des hommes d'action, grands législateurs, grands conquérants ou réformateurs.

 

Au fond, pour s'interroger sur les raisons de vivre, il faut être quelque peu affranchi des besoins à court terme. On peut redouter que si certains veulent imposer à d'autres leurs raisons de vivre (qui sont d'ailleurs aussi des raisons de mourir), en les prétendant aussi nécessaires que la satisfaction des besoins, satisfaction nécessaire à la vie, on ne s’approche alors du fanatisme.

 

Des raisons de vivre transforment la simple vie (biologique) en existence, si exister, c’est faire quelque chose de notre vie éphémère orientée selon le temps. Mais avoir de telles raisons n'est pas de l'ordre du besoin.

 

 

 

Philippe et Françoise Le Roux

 

    

 

Prochain café-philo le jeudi 25 mai, à la salle familiale de Fleury-la-Montagne, de 20 h à 22 h. Thème : la science a-t-elle raison ? Ce café-philo sera co-animé par Gérard Simonnet, mathémati­cien.