EXPO GILLES DESCHAMPS - dessins et peintures

fleury-la-montagne

Gilles Deschamps, en bref

 

Savoyard ayant vécu 40 ans en Bretagne, Gilles Deschamps a fait des études d'art aux Beaux-Arts de Rennes en 1963, pour présenter le concours national du profes­sorat de dessin et d’arts plastiques, puis il a enseigné à Redon (Ille-et-Vi­laine) et pa­rallèlement, en 1980, y a créé avec quelques amis l’Atelier d’Art de Re­don (cet ate­lier, où se pratiquent dessin, peinture et gravure est, depuis lors, tou­jours actif).

 

Après avoir cessé une activité professionnelle qui l'avait détourné des arts plas­tiques, Gilles Deschamps est revenu en Savoie, puis s'est installé en 2008 à Li­gny-en-Brionnais ; il a découvert alors cette région très particulière avec ses val­lonnements, ses prés enclos de haies, et les innombrables églises et chapelles ro­manes, un milieu culturel très diversifié et passion­nant, peuplé d’artistes et d'arti­sans, de nombreux lieux d’exposition très souvent gérés par des personnes pri­vées.

 

Après 2010, il recommence à dessiner et peindre intensément (chapelles, pay­sages, arbres - depuis toujours très présents dans ses dessins), activi­tés qui avaient subi une éclipse depuis plusieurs années et qu’il a retrou­vées avec plaisir, allant chercher, au-delà du dessin pur, une traduction gra­phique de l’environne­ment paysa­ger du Brion­nais en une abstraction qui peut à bon droit être qualifiée de figurative.

 

En 2016, première exposition : à la chapelle de Saint-Maurice-lès-Châ­teauneuf dans le cadre original d’« expos en chœur », où chaque semaine pendant les deux mois d’été se succèdent des artisans et artistes dans des domaines très va­riés ; il dessine alors obstinément cette chapelle et son ci­metière, avec ses tombes an­ciennes qui donnent à ce lieu une ambiance très particulière, qui lui rap­pelle une vi­site dans la chapelle du château de Lamartine, avec son cimetière abandonné, ses tombes bous­culées...

 

2017, deuxième exposition : au Pavillon de la bibliothèque de Fleury-la-Mon­tagne, du 18 février au 15 avril 2017, ensemble de dessins, peintures et pastels.

 

 Je remercie chaleureusement les bibliothécaires qui ont accepté cette nouvelle exposition alors que le planning de 2017 était déjà très chargé,

 

ainsi que Françoise et Philippe Le Roux qui m'ont encouragé à la présenter.

                                                                                         

                                                                               Gilles Deschamps, janvier 2017

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Des lignes et des couleurs

 

  Dans un tableau jadis - grosso modo avant l'Impressionnisme - la couleur était soumise au contour des figures, même si elle variait à l'intérieur de ce contour pour donner l'illusion de la pénombre. Elle était limitée par le contour de l'objet, prisonnière des lignes. Avec l'impressionnisme, le contour n'est plus qu'une trace suggérée sous les touches de couleur. La délimitation des objets a disparu sous les taches colorées. Puis la couleur s'émancipa complètement du trait, on le voit très nettement dans certains tableaux de Dufy ou de Léger, par exemple.

 

 Dans les tableaux de Gilles Deschamps cette émancipation est bien visible ; les couleurs ne sont pas prisonnières des lignes, elles vivent leur vie, libérées du dessin. Les lignes et les couleurs coexistent allègrement dans des mondes parallèles ! La crudité du vert, la franchise du bleu, et le jaune moutarde ne sont pas sans rappeler la palette de Franz Marc, ce peintre du « Cavalier bleu ».

 

L'histoire des lignes a suivi un mouvement analogue, un mouvement de libération lui aussi bien visible dans la démarche de Gilles Deschamps. En quelques coups de crayon, il sait dessiner ce qu'il voit et donner une représentation du réel où nous reconnaissons sans peine des images d'arbres, de haies, ou de pierres tombales. Mais il sait aussi s'affranchir de cette soumission au réel pour être au plus près du papier, de la pierre noire, du fusain et du geste qui fait trace. Alors les lignes, libérées de la figuration, se mettent elles aussi à vivre leur vie, la vie des formes !

 

Et au fond, ce mouvement d'indépendance des couleurs par rapport aux lignes, des lignes par rapport aux figures qui conduit à ce qu'on appelle souvent « l'art abstrait » ne nous permet-il pas, dans l'étonnement même qu'il provoque, de mieux regarder non seulement la peinture qui ne nous étonne plus mais aussi les formes du réel si familières que nous ne les voyons même pas. Même l'art figuratif est d'une certaine façon abstrait ; il ne retient du réel qu'une apparence et nous la rend visible. Pour ma part, depuis que j'ai vu certains dessins de Gilles Deschamps, quand je parcours les chemins du Brionnais je vois mieux, ou autrement, ces haies que les éleveurs nomment très justement les bouchures.

 

1.couleur prisonnière                          2. couleur en voie d'émancipation                                                    3. couleur indépendante

 

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