SANG D'ENCRE

fleury-la-montagne

 

 

 

SANG D'ENCRE

 

Exposition au Pavillon, Fleury-la-Montagne, 24 juin-3 septembre 2016

 

 

Dans notre langue, le sang et l'encre n'ont, pas plus que le noir des idées, des connotations très joyeuses ! Mais l'encre qui a coulé pour cette exposition n'a rien à voir avec le mauvais sang, c'est au contraire, avec la peinture, une source vive pour chacune de ces deux artistes.

 

 

Marine Bourgeois

 

L'encre de Chine irrigue ses œuvres

 

 

S'étant affranchie de l'impératif de faire sans relâche du nouveau, Marine Bour­geois s'absorbe depuis des dizaines d’années dans le tracé répétitif de petits traits. Habituellement sur de grandes toiles, ici sur de longues lattes de papier suspendues. Ces alignements de barres plus ou moins verticales pourraient évoquer le geste qui, sur les murs d'une prison ou les pages d'un calendrier, coche impatiem­ment chaque jour écoulé. Ce que l'encre matérialise ici cependant, ce n'est pas l’espérance du lendemain mais la plénitude de l'instant présent, le geste qui se répète dans un présent toujours recommencé. Ce qui nous est donné à voir, ce sont les traces de la conscience d'exister.

 

Le temps, pour Marine, c'est celui dont on dit qu'il passe alors qu'il n'y a de passé que pour un aujourd'hui incessant où s'inscrivent ses petits traits.

 

Mais souvent elle a contemplé le ciel et l'eau, longuement filmé la Garonne et photogra­phié des arbres.

 

 

Odile Fix

 

La peinture imprègne ses papiers

 

 

Sensible aux couleurs diversifiées de l'herbe, au souffle des vents, au vol des oiseaux, aux bruissements des sources, Odile Fix aime la matière des papiers. Elle en utilise de toutes sortes, en général de petits formats, mais le regard perd, en y entrant, toute notion d'échelle. Imbibant en effet le papier, les encres et la peinture y inscrivent des paysages, des ciels, des forêts et des brumes, des ténèbres et des éclats de lumière. Odile Fix écrit aussi et a publié naguère L'autre face du froid, un carnet de nota­tions prises de septembre 2006 à sep­tembre 2007 au cours de ses marches quasi quotidiennes dans des lieux de grand silence.

 

 

Le temps, pour Odile, c'est celui qu'il fait, la blancheur bleutée de la neige, le son des gouttes de pluie, le grondement du vent, le roulement du tonnerre.

 

Mais sur ses cahiers il lui est arrivé de d'aligner des petits traits ou des entrelacs de traces.

 

 

 

Odile Fix habite un hameau du Cantal, Marine Bourgeois vit à Toulouse. La bibliothèque de Fleury leur donne l'occasion d'une exposition commune. Quel lieu pouvait en effet, mieux qu'une bibliothèque, accueillir ces petits livres cousus main et ces grandes lattes de papier dont l'enroulement rappelle celui des rouleaux de papyrus ou de parchemin ? 

 

FLR